mercredi 24 mai 2017

ARGBOL TOUR

Dans l'écriture de Borges, comme dans sa ville fétiche, le fantastique et le réel se confondent. "Personne ne peut savoir s'il existe une différence entre rêver et vivre". Alors ces reflejos de Buenos Aires ...  simples fictions ou fenêtres sur un autre monde ?

Invitation éternelle au voyage des quartiers portuaires, souvenir ô combien nécessaire des mères réclamant le retour des desaparecidos au pied du clocher-horloge de la Plaza de Mayo, fleur géante d'aluminium et d'acier offerte au pouvoir vital de l'astre solaire.


Barrios porteños

A las madres de Mayo

Floralis Generica

Sud Lipez. Ici pas un arbre, pas une ombre, seulement la terre ... ocre, et le ciel ... bleu. Le soleil du matin est entré dans la terre. Ici il la craquelle et en exprime tout le sel, là il la fait bouillonner et bientôt finit par s'en échapper en jets de soufre brûlants et orangés. 


Salar

Sol de mañana





Fusion azurée



Soleil emprisonné




Encres telluriques

Des kilomètres de pistes sablonneuses et pierreuses, avec pour seules respirations les touffes "courageuses" de la Paja Brava. Et tout à coup le miracle de l'eau : verts tendres et orangés incandescents du tapis végétal sous sa peau de gel, efflorescences lagunaires et reflets céruléens parsemés de poussière d'or.

Bofedal Rio Quetena



Laguna Kollpa







Laguna Colorada

Elles transportaient les métaux précieux vers le Pacifique et ce fut leur heure de gloire. Avec la perte de l'accès à l'océan, elles devinrent inutiles. Aujourd'hui, elles gisent dans la poussière, parmi les papiers gras et les sacs en plastique. 


Le gel de l'Altiplano fait éclater leurs carcasses, l'air chargé de sel les ronge jusqu'à l'os, les graffiti finissent de marquer leur décadence. Devenues oeuvres abstraites de l'oxydation, les fières locomotives commencent une nouvelle vie.





Cementerio de los trenes olvidados







vendredi 19 août 2016

TABL'EAUX (II) D'ORIENT

Retour au Garet. La lumière et l'eau fusionnent leurs énergies. En pose rapide, l'eau coule dans sa résine les galets du torrent, se fige et devient matière colorée. En pose lente, elle se fait mouvement dessiné à grands coups de traits blancs et argentés.

Magie d'un temps qui parfois se contracte, parfois se dilate. Magie d'un espace rêvé dans lequel les frontières et les distances sont abolies. En quelques secondes, en quelques mètres, les plus belles traditions de l'Orient défilent sous nos yeux.



Urushi : comme une large brosse aux poils durs, la lumière griffe la laque épaisse du courant.



Fauve : tapie au creux des flots, la bête offre le velours de sa fourrure dorée, rayée de noir et ourlée de lumière.




Shanshui : telle une île refuge, la montagne céleste émerge du chaos des flots embrumés, immobile, éternelle.

 




Zen : dans le tumulte des scintillements, dans l'éclat des grondements, naissent la lumière et le silence intérieurs.





Hànzi : l'eau se fait papier de soie pour que l'encre du soleil puisse y tracer ses délicates calligraphies.



Yin-Yang : glacis lunaire et frais de l'eau calme, soudain pétrifiée, fusion ignescente de la roche redevenue dragon.




Soie : moire des ondulations alanguies, brillance des courses rapides, écumes effilochées des reliefs accidentés.




 À Zao : énergie du mouvement, ductilité des formes, flamboiement des couleurs ... illumination de l'abstraction lyrique.